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Débat sur la fin de vie

Nouvelle étape aujourd'hui devant le Parlement qui s'apprête à adopter définitivement la proposition de loi PS-LR accordant de nouveaux droits aux personnes en fin de vie.

C'est à tout petits pas que ce débat avance. Réticence des opposants à l'euthanasie d'un côté, impatience des partisans de la «mort douce» de l'autre, le tout sur fond de l'affaire Vincent Lambert, qui n'en finit pas de rebondir entre les médecins, les parents – aux volontés opposées – et les juges.

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Aujourd'hui, l'Assemblée nationale devrait voter le texte à une large majorité en fin de journée, et le Sénat dans la soirée. À la surprise générale, des parlementaires des deux chambres sont en effet parvenus à un accord à l'unanimité sur une version commune mardi dernier.

Vers une «journée historique pour le droit des patients», salue Alain Claeys (PS), co-auteur avec Jean Leonetti (Les Républicains) de la proposition de loi, qui a finalement peu évolué sur ses principes en près d'un an d'un parcours parlementaire légèrement rallongé du fait de l'encombrement post-attentats.

Elle prévoit notamment un «droit à la sédation profonde et continue» jusqu'au décès pour les patients en toute fin de vie dont la souffrance est insupportable, ce que M. Leonetti, cardiologue de profession, traduit comme un «droit de dormir avant de mourir pour ne pas souffrir». Ce droit est plébiscité par les Français, à hauteur de 96 % lorsque le patient en décide, selon un sondage de début 2015.

Le texte rendra en outre contraignantes les «directives anticipées», par lesquelles chacun pourra stipuler son refus d'un acharnement thérapeutique. Ces directives ne seront cependant pas opposables, car le médecin pourra y déroger en cas d'urgence vitale ou s'il les juge manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale.

En parallèle, le gouvernement a préparé un plan de développement des soins palliatifs, dont l'accès est insuffisant et disparate sur le territoire.

La loi de 2005 du même Jean Leonetti, adoptée à l'unanimité, avait instauré un droit «au laisser mourir».

Le candidat François Hollande s'était engagé en 2012 à créer un droit à «une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité».

Les votes massifs à l'Assemblée (436 pour, 34 contre, 83 abstentions en première lecture en mars 2015) et au Sénat plus récemment (287 pour, 10 contre en deuxième lecture en octobre) masquent cependant les tiraillements de nombreux parlementaires. Les radicaux de gauche, les écologistes et une part des socialistes jugent le texte timoré et plaident pour une «assistance médicalisée active à mourir». Manuel Valls, tout en défendant «l'équilibre» trouvé, voit lui-même dans cette loi «sans aucun doute une étape».

À l'opposé, une partie des parlementaires de droite aurait voulu en rester à la législation de 2005 voire revenir en arrière, craignant des dérives «euthanasiques». Le débat a traversé la société, jusqu'aux représentants des religions qui ont mis en garde contre la «tentation» de «donner la mort».


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