Déposez votre annonce gratuitement
Nord Pas de Calais Provence Alpes Côte d'Azur Corse

Consulter les annonces

Dépendance : une loi pour aider les seniors à rester chez eux

Le texte, discuté à partir d'aujourd'hui à l'Assemblée, prévoit que les plus de 85 ans seront 5,4 millions en 2060.

S'adapter à la “révolution de l'âge”, tel est l'objectif ambitieux du projet de loi pour «l'adaptation de la société au vieillissement» examiné à partir de mardi à l'Assemblée nationale. Vaste programme que celui de la dépendance des âgés à la veille d'évolutions démographiques majeures. Surtout dans un contexte de crise. Le texte, dans son préambule, rappelle que le nombre de personnes âgées de plus de 85 ans va quasiment quadrupler, passant de 1,4 million aujourd'hui à 5,4 millions en 2060 et propose d'y voir une bonne nouvelle, soulignant «le potentiel que représente la transition démographique pour la croissance et l'emploi».

Pour marquer le coup, ce projet de loi est donc le premier sujet examiné en cette rentrée parlementaire. Avec un retard de six mois. Cette promesse de campagne de François Hollande a été préparée par Michèle Delaunay mais sera présentée dans l'Hémicycle par sa successeur au secrétariat aux Personnes âgées, Laurence Rossignol, nommée lors de l'arrivée de Manuel Valls à Matignon. Cette dernière rêve d'un « large consensus » sur ce projet de loi « très attendu » qui « rompt avec une approche médico-sociale de la prise en compte de la vieillesse». « On ne finance pas la dépendance mais la prévention, l'accompagnement du vieillissement et le maintien à domicile, une solution que tous les Français appellent de leurs vœux», défend-elle également. Dans un contexte budgétaire contraint, le gouvernement mise donc sur un changement de regard sur les aînés. Lutte contre l'isolement, affirmation des droits et liberté des personnes âgées, coup de pouce aux ateliers de prévention, incitations à repenser l'urbanisme, service civique pour les aînés: le texte regorge de pistes pour favoriser le “bien vieillir”.

Sur le plan financier, l'accompagnement de la perte d'autonomie pèse forcément plus lourd, même si le texte se concentre uniquement sur l'aide à domicile. Cette grande partie de la réforme consiste à répartir les recettes de la “contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie” (Casa), prélèvement de 0,3 % sur les pensions des retraités les plus aisés. Ce prélèvement social avait été créé six mois après l'arrivée des socialistes au pouvoir, alors même que les travaux sur la réforme de l'autonomie avaient à peine commencé! Elle rapporte aux alentours de 650 millions d'euros par an, que le gouvernement a promis de consacrer entièrement à la lutte contre la dépendance à partir du milieu de l'année 2015. « Il faudrait plutôt entre 2 et 3 milliards d'euros, nous disent les acteurs du secteur », déplore pourtant Daniel Prada, membre CGT du Conseil économique, social et environnemental (CESE). C'est peut-être trop peu… mais cela aurait pu être encore moins. La réforme a en effet failli être abandonnée lors de l'arrivée de Manuel Valls, afin que la Casa puisse continuer à être utilisée pour boucher le trou des retraites…

Au final, la moitié de cette enveloppe sera allouée, c'est le cœur de cette réforme, à une revalorisation de l'allocation personnalisée à l'autonomie (APA) à domicile, qui bénéficie à 700.000 personnes. Ainsi, une personne lourdement dépendante (confinée au lit ou au fauteuil et n'ayant plus toute sa tête) bénéficiant d'un revenu de 1500 euros mensuel paiera 163 euros de moins par mois ses aides à domicile, c'est-à-dire 246 euros, contre 410 euros avant réforme.

L'autre moitié des recettes de la Casa sera allouée, entre autres, aux foyers logements pour personnes âgées (80 millions) et à l'adaptation de 80.000 habitations (40 millions d'euros). Un objectif «louable mais insuffisant», a taclé Monique Boutrand, membre CFDT du CESE, car cela ne représente que 0,04 % du parc immobilier concerné. Cette revalorisation de l'APA laisse enfin de côté la cruciale question de l'aide à la prise en charge des personnes dépendantes en maison de retraite, exclue du projet de loi. Sous le mandat de Nicolas Sarkozy, la réforme de la dépendance n'avait finalement pas vu le jour. Avec une facture qui se chiffre en milliards, on imagine mal ce coûteux volet de la prise en charge du vieillissement revenir rapidement à l'ordre du jour.

Site internet du Gouvernement

Copyright© Lemondedesaidants.com | Réalisation 3wcom | Petites annonces gratuites