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L'aidant, un passeur d’amour…

Que préférez-vous un cocktail citron orange ou un diabolo grenadine ?

La mission d’aidant est du plus vaste registre.
Pourquoi ?
Parce que vous êtes aussi investi d’une mission de « relation publique ».

Concrètement votre rôle est de rouler du tambour et de crier sur les toits pour réveiller la famille : « Oyez ! Oyez ! Quand venez-vous voir Mamie ? ».
Question directe sans explication fébrile, ni injonction suppliante, ni catastrophisme ambiant ;
Je sais comme si vous n’aviez rien d’autre à faire : traiter des évidences.

Vous téléphonez pendant une heure à tout votre agenda.
Chacun est débordé dans son coin : les enfants à amener au conservatoire, à la gym, les courses, le ménage, le cinéma…
Pour le travail tout le monde rentre tard.
Le week-end propice à la détente est empiété par les actions non bouclées pendant la semaine.
Pas simple de se frayer un chemin dans de pareils agendas pour le plus grand bonheur de Mamie.
La cause est belle, alors vous êtes motivée.
Vous essuyez des refus cuisants, vous êtes jetée par-dessus les toits à coup de « On veut bien voir Mamie, mais on n’a pas le temps ! ».
Vous paraissez être une empêcheuse de tourner en rond…

Gardons la tête froide

Il faut faire la part des choses : celles sur lesquelles vous pouvez agir et les autres qui ne dépendent pas du tout de vous. Là, il faut travailler l’acceptation.
« Il ne faut jamais reporter une visite à plus tard. La vie est si fragile. »
Mais un combattant de vie ne sombre pas sous des « refus ».
Un aidant doit repartir bredouille sans soulever de polémiques ou fâcheries.

Prenons la distanciation nécessaire pour rester fort

Accepter d’avoir perdu une bataille mais pas le combat !
On ne peut pas toujours faire fléchir les autres, même à une noble cause qui les concerne directement.
L’écueil : cristalliser les refus dans le sable mouvant de la rancœur.

Rebondir de suite vers d’autres actions constructives

Heureusement un aidant prend tout son temps pour l’être cher.

Le plus extraordinaire : toute la famille pense mordicus qu’il est légitime que vous preniez en charge toute la vie de Mamie.
Dans leur esprit vous êtes disponible, vous n’avez rien à faire…
Vous êtes le seul être de toute la région à avoir du temps à profusion.
L’aidé isolé de fait par une maladie invalidante doit être intégré, immergé dans le contexte familial le plus étendu possible.
Vos amis sollicités aussi viendront rendre des visites charmantes à votre aidé.

Périodiquement relancer la famille pour « venir voir Mamie ».
Vous devez rester inconditionnellement un rassembleur et penser qu’une réponse négative d’hier peut évoluer vers un oui « nous arrivons demain…
Sans cet état d’esprit, vous ne lutteriez plus.
Mais l’abandon d’une bataille n’est pas dans votre registre d’aidant.

Enfin, en attendant avec patience la venue de la famille, demandez à chacun quand ils appellent Mamie d’avoir une batterie chargée et un forfait suffisant pour tenir une vraie conversation.
Par la même occasion, demandez leur de supprimer le répondeur.
Cette lutte est pour le bonheur de l’aidé,  donc aucun effort n’est minimisé.
Votre courage lié à votre détermination feront des merveilles.
Ne jamais se décourager (…) voilà le mot d’ordre même si parfois tout s’y prête.
Il faut faire un « drop » comme au rugby, avant de continuer toujours plus motivée que jamais.

Etre aidant c’est devenir un passeur d’amour

Cultivez votre si joli sourire et sortez votre aidé le plus souvent possible pour le mêler aux autres.

A très bientôt mes chers aidants, de cœur à cœur

Article rédigé par Michèle Clary 

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