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Bernard Werber, de l’écriture à l’humanité…

Lemondedesaidants.com a rencontré l’écrivain Bernard Werber, à l’occasion de la sortie de son dernier roman intitulé “Troisième humanité”…   

Lemondedesaidants : Quels messages souhaitez-vous transmettre au travers de votre dernier roman, “Troisième humanité » ?

Bernard Werber : D’abord c’est un message d’espoir. Nous sommes une espèce en mouvement, au même titre que les espèces animales, que la planète… Les mouvements brusques ou spectaculaires nous font peur. L’idée de l’Apocalypse me fait penser que nous allons peut-être arriver à converger vers un point où le mouvement va s’accélérer. Mais cela ne me paraît pas dangereux de mon point de vue d’écrivain. C’est pourquoi mon livre commence par cette  phrase : « Tout être doit réaliser sa métamorphose. A un moment donné, nous sommes obligés de passer d’un stade larvaire à un stade d’animal réalisé. C’est ce qui me semble se passer actuellement pour nous tous, tant sur le plan individuel que collectif. L’enjeu de notre génération, c’est d’empêcher des forces réactionnaires de gagner sur les forces évolutives. Pour ma part, je crée des romans et tente de faire prendre conscience aux gens de cet état à travers une histoire. C’et le thème de mon dernier roman, “Troisième humanité”.

 

Lemondedesaidants : Comment avez-vous abordé ce thème dans votre livre ?

Bernard Werber : J’ai utilisé le symbole d’une humanité qui avait pour caractéristique d’être très grand : 17 mètres de haut. Nous sommes  la deuxième espèce crée  par cette espèce de “très grand”. Après viendra cette “Troisième humanité”. Si nous ne trouvons pas l’adaptation idéale avec la nature, la nature nous forcera à réduire en taille. Cette réduction de taille est peut-être un mode d’évolution de notre espèce. Je réfléchis d’une manière collective pour retrouver notre conscience d’espèce animale.

 

Lemondedesaidants : La capacité d’adaptation est une thématique très forte chez les aidants familiaux. Que suggérez vous pour la faciliter ?

Bernard Werber : Dans la nature, il existe un l’équilibre entre l’extérieur et l’intérieur, entre l’individu et le milieu. Les épreuves de la vie peuvent nous forcer à changer pour être meilleur.

J’ai écrit ce livre parce que moi-même, je suis passé par une épreuve. Il y a trois ans, pour mon anniversaire, un ami m’a offert un check-up complet de mon organisme. A 50 ans il faut tout regarder… Là j’ai appris stupéfait que j’avais une coronaire bouchée à 75% . Je risquais de monter un escalier et de mourir d’un coup au vue du niveau d’obstruction. Pourtant je n’ai jamais eu d’infarctus, Je ne fume, pas je ne bois pas, je n’ai pas de cholestérol et pas de maladie héréditaire. Je mange sainement et je fais du sport. Je m’attendais à ce que les médecins me disent de manger moins de sucre, de faire plus de sport… et voilà qu’ils m’annoncent que je devais subir une intervention à cœur ouvert. Tout d’un coup, j’ai eu l’impression qu’on m’annonçait la fin de ma vie. C’est une sensation très étrange. Avec le recul, je dirai maintenant que c’était intéressant. 3 des 6 médecins que consultés par la suite me conseillaient une opération, les 3 autres me conseillaient de m’abstenir… 

J’ai finalement demandé à mon ami cardiologue qui m’avait offert ce check-up quelle décision prendre… Il m’a répondu : « La décision t’appartient, en fonction de ton intuition…». Ce jour-là, j’ai compris que la médecine avait ses limites.

J’imaginais la balance pile en équilibre et la petite plume qui pouvait faire pencher le plateau d’un côté. Finalement j’ai insisté auprès de mon ami et il m’a conseillé d’améliorer mon hygiène de vie …

Je n’ai jamais aussi bien vécu que depuis cette expérience !

J’apprécie tout beaucoup plus intensément et cela m’a inspiré dans l’écriture de “Troisième humanité” : j’aurai dû ou pu mourir et maintenant la vie est devenu un cadeau pour moi.

Je dois transmettre aux autres l’idée qu’à l’instar d’un escaladeur, il est possible de chuter s’il manque le dernier piton… En revanche, si ce dernier est présent, il est possible de monter plus haut. Ce qui ne tue pas vous rend plus fort ! 

A l’âge de huit ans, on m’a diagnostiqué la spondylarthrite ankylosante, une maladie orpheline. Je marchais avec des béquilles…  Au début les médecins disaient que c’était psychosomatique. 42 ans plus tard, cette maladie m’occasionne encore des blocages du dos. J’ai appris à vivre avec cette maladie comme une amie, au même titre que le  risque d’infarctus. Pour moi, la mort fait partie de la vie.

 

Lemondedesaidants : Que pensez-vous de l’hôpital ?

Bernard Werber : Le milieu hospitalier est à considérer au cas par cas. Il est possible d’y rencontrer des saints modernes, des gens qui ont réellement le sens de la compassion et de la parole réconfortante.

 

Lemondedesaidants : Vous avez vendu plus de 20 millions de livres dans le monde… Comment vivez-vous ce succès ?

Bernard Werber : Je reste un petit artisan… Mon souci reste de savoir ce qu’il va advenir de mes personnages. Je suis tout le temps en train de réfléchir à mes romans. Je reste dans l’action comme un cycliste dans une montée qui n’a pas le temps de regarder derrière lui. Pédaler, c’est écrire des histoires et tant que le public me suit, je continuerai !

Je me sens privilégié de faire un métier qui me plaît. Je suis mon propre chef. L’attitude d’un gentilhomme moderne consiste à accepter que tout ce qui lui a été donné un jour peut lui être repris. Rien n’est dû. Même notre corps, notre vie, notre talent nous est prêté… Nous ne possédons rien ! Le  lâché prise constitue une forme de sagesse.

 

Lemondedesaidants : Quel est votre définition du bonheur?

Bernard Werber : …Accepter sa vie telle qu’elle est, ne pas avoir de sentiment d’injustice. Regarder le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide !

 

Lemondedesaidants : Comment parvient-on à un succès aussi exceptionnel ?

Bernard Werber : Mon travail ressemble à un marathon, car doté d’une certaine régularité. Au bout d’un moment, cette régularité conduit à l’exaltation ! J’écris tous les jours de 8h à 12h30 et publie un livre le 3 octobre de chaque année.

 

Lemondedesaidants : En tant qu’écrivain quel rapport entretenez-vous avec votre public ?

Bernard Werber : Je ne me protège pas beaucoup… Je laisse les gens venir à moi, pour un enrichissement réciproque. Un auteur doit se frotter à son public, c’est pourquoi je fais de nombreuses dédicaces, des conférences.

 

Lemondedesaidants : Quel message souhaitez-vous transmettre aux aidants ?

Bernard Werber : Je souhaite leur confier la devise de mes personnages : l’amour pour épée et l’humour pour bouclier !

 

Interview réalisée par Michèle Clary

 

Biographie

Bernard Werber est un écrivain français né le 18 septembre 1961 à Toulouse. Il a suivi des études de journaliste, de criminologie, avant de travailler pour le Nouvel Observateur.

Vendue à plus de vingt millions d’exemplaires, son œuvre est traduite en  trente-cinq langues. 

Son premier grand succès, La trilogie des fourmis, associe philosophie fiction, science, spiritualité, polar, aventure, mythologie…

En avril 2007, il réalise son premier long-métrage de cinéma : “Nos amis les terriens”.

 

Parmi ses autres œuvres :

L’empire des anges ;  Nous les dieux ; Les Thanatonautes…

L’Encyclopédie du savoir relatif et absolu.

De nombreuses nouvelles, bandes dessinées, films et pièces de théâtre.

Son dernier roman en date : “Troisième humanité” vient de paraître aux éditions Albin Michel.


 

 

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