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Claude Sarraute ou l'éloge de la franchise

 

Claude Sarraute ou l'éloge de la franchise

Portrait : Journaliste et femme de lettres, fille de l'écrivain Nathalie Sarraute, veuve de l'Académicien français Jean-François Revel (1924-2006), Claude Sarraute aujourd’hui âgée de 84 ans, est la mère du journaliste Martin Tzara. Collaboratrice (chroniqueuse et éditorialiste) du journal “Le Monde” (de 1953 à 1986), Claude Sarraute est connue du grand public pour sa participation aux émissions “Les Grosses Têtes” de Philippe Bouvard, “On a tout essayé” (de 2000 à 2007) et “On va s'gêner” (sur France 2) de Laurent Ruquier (également sur Europe 1). Le 8 mars 2011, à l'occasion de la journée internationale des droits de la femme, Claude Sarraute a remplacé Anne-Solenne Hatte à la présentation du JT décalé d'I-Télé.

 

 

Entretien

(Précision : Claude Sarraute a pour habitude de tutoyer son interlocuteur)

Quel est votre plus beau souvenir de femmes de lettres, de journaliste ?

Claude Sarraute : J’ai longtemps collaboré en tant qu’éditorialiste et chroniqueuse au Journal le Monde qui m’a donné un peu de notoriété. Puis, en 1987, lorsque j’ai participé à l’émission “L’heure de vérité” (émission politique à succès, créée et présentée par François-Henri de Virieu sur Antenne 2) pour interviewer Georges Marchais, j’ai dû m’opposer à la fureur de tous mes copains du “Monde”. Reste que le lendemain, en traversant le boulevard Haussmann pour aller à la rédaction du Monde, installée à l’époque boulevard des Italiens, un inconnu à l’autre bout du trottoir - qui avait dû me voir la veille à la télévision - m’a lancé à bout de bras deux “V” avec ses doigts ! Cela m’a procuré beaucoup de joie, tu ne peux pas l’imaginer !

Avez-vous déjà été “aidante” à un moment de votre vie ?

Claude Sarraute : Je ne peux pas dire que j’ai été aidante. Cela dit, j’ai un temps vécu auprès d’un ami qui a été merveilleux pour moi. Malheureusement, il avait un cancer de la prostate et avait décidé de rester jusqu’à la fin à la maison… Je peux te dire que c’est terrible d’avoir une chambre d’hôpital chez soi, avec le lit médicalisé dans le salon. La nuit, mon ami hurlait de terreur, parce qu’il hallucinait et voyait des tigres dans ses cauchemars. C’était horrible ! Sans oublier au quotidien les couches et les bouillies (…) Après son décès, j’ai fait une déprime, ce fut très dur !

Quels enseignements en avez-vous tiré ?

Claude Sarraute : Aucun en particulier ! C’est affreux de voir un être que tu aimes souffrir, se dégrader sous tes yeux ! Quand tu sais la fin inéluctable, c’est une horreur voilà tout !

Quel regard portez-vous sur la dépendance ?

Claude Sarraute : Je suis concernée par la dépendance, car à cause de l’arthrose, je ne peux pas marcher sans quelqu’un à mon bras.

Que pensez vous des aidants ?

Claude Sarraute : Je sais combien c’est une épreuve très lourde de s’occuper d’un être cher qui souffre. Je ne peux te dire à quel point j’ai de l’admiration pour les aidants (…) et notamment pour ces femmes, qui, à peine leurs enfants élevés et partis du cocon familial, doivent accueillir une belle-mère du jour au lendemain… C’est en tout cas ainsi que cela se passait du temps de mon temps. Ensuite, la belle-mère prend la chambre des enfants et doit recevoir des soins jour et nuit. Dans ces conditions, c’était plutôt difficile pour ces femmes encore jeunes, de vivre tranquille leur vie de couple, avant une retraite méritée.

Interview réalisée par Michèle Clary

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