Déposez votre annonce gratuitement
Nord Pas de Calais Provence Alpes Côte d'Azur Corse

Consulter les annonces

Jacques Weber : « La plus belle chose du monde, c’est d’être en vie »

Né le 23 août 1949, Jacques Weber est acteur, comédien, réalisateur et scénariste.

Au fil des ans, il s’est imposé comme l’un des monstres sacrés du cinéma et du théâtre Français.

Evidement d’emblée, il nous vient son interprétation du Comte de Guiche dans l’inoubliable Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau.

 

Son actualité

Jacques Weber joue actuellement seul en scène au théâtre de l’Atelier à Montmartre la pièce “Hôtel Europe”, écrite par Bernard Henry Levy.

Un homme dans une chambre d’hôtel à Sarajevo prépare un discours sur l’Europe, ses valeurs actuelles et son futur. Le texte à la fois tragique et lyrique ouvre une plaie béante dans un cri qui résonne de génie avec l’envergure de Jacques Weber. Une prouesse qui bouleverse et nous ressortons tous avec une admiration inégalée pour lui…

A partir du 25 novembre prochain, toujours au théâtre de l’Atelier à Montmartre, Jacques Weber sera dans la pièce “Gustave” de Arnaud Bédouet (avec Philippe Dupont), librement inspiré de la correspondance de Gustave Flaubert, pour 30 représentations exceptionnelles.

Avec la puissance théâtrale qu’on lui connaît, Jacques Weber y interprètera le rôle d’ « un anarchiste dans un corps de bourgeois », servant un texte d’actualité qui explose toute forme de conformisme et de visions étriquées.

Photo (c) Kim Weber

 

 

 

 

 

Troisième actualité, Jacques Weber vient de sortir le livre intitulé « J’aurais aimé être un rebelle », co-écrit avec Caroline Glorion, aux Editions Presses de la Renaissance.

Dans cet ouvrage Jacques Weber se révèle à travers son enfance, ses rencontres, sa carrière, ses passions. Il explique son parcours avec humilité, sous une mise à nu de sa personnalité subtile et généreuse.

 

 

 

 

 

 

 

 

8 Questions à Jacques Weber

Comment est né votre passion pour le théâtre ?

Jacques Weber : On ne sait jamais vraiment quand ça commence et le jeu de la mémoire fait que d’un seul coup, on a quand même un point de fixation. Pour moi, ce point de fixation, c’est une représentation, la première que je vois au théâtre : “L’Avare” de Molière à la Comédie Française. Un homme me surprend dans cette pièce ce n’est pas Harpagon, c’est d’ailleurs tout à fait signifiant, c’est le “Deus ex machina”, c’est à dire l’homme qui résout tous les problèmes à la fin. Un petit rôle tenu par un monstre de l’Académie Française qui joue avec une telle maestria que je suis éblouie ! C’est Henri Rolland un très grand acteur de l’époque. Et deux heures plus tard, dans la chambre que je partage avec mon frère. Je lui ai dis : « Bernard c’est sûr, j’ai décidé,  je ferai  du théâtre… »  A partir de là, cela ne m’a plus quitté.

 

Le  talent  émane-t-il  du registre de l’inné ?

Jacques Weber : Je vais vous dire, La phrase de Jacques Brel : « 1% de talent et 99% de travail.  Le talent fait ce qu’il veut, le génie ce qu’il peut ». Le  génie, nous ne savons jamais si on en a. Un individu ne nait pas grand homme. Je ne crois pas. Ce sont les circonstances entre autre qui le compose. De Gaulle ne savait pas qu’il deviendrait un grand homme !  Il aurait pu passer pour un fou furieux… Parce qu’ils ont des dons d’évidence, certaines personnes ont le devoir et l’obligation de travailler. L’inné n’est rien si il n’y pas de règle.

 

Où puisez-vous cette énergie si exceptionnelle ?

Jacques Weber : Pour moi, Brel est un  exemple de “sur-énergie”.

Là par exemple, les gens qui s’occupent d’Ebola en ce moment  travaillent 20 heures  sur 24, dans des conditions monstrueuses de souffrance. Ils ont peur de mourir de fatigue, de tomber d’épuisement devant des gens qui eux sont entrain de mourir… Tout est relatif.

En ce qui me concerne, je répète très calmement. Ma journée est très dépendante de ce rendez vous d’une heure et demie sur scène. Je suis un peu comme les joueurs de foot. A la différence qu’ils ne jouent pas tous les jours.  D’abord ils ont 25 ou 26 ans et moi j’en ai 65 ! Ils sont tous très étonnés de ces “performances” de théâtre. Un rythme que j’ai depuis des années au cinéma, au théâtre. Je sais qu’il y a chez moi une sensation très curieuse. Parfois, je pense à la chanson de Johnny Hallyday « J’ai oublié de vivre » : j’ai l’impression que c’est  peut être cet oubli de vivre toute la journée qui donne une “sur-envie” de vivre quand je rentre en scène.

 

Etes-vous bien dans la réalité d’aujourd’hui ?

Jacques Weber : Je suis quelqu’un qui fuit toujours à grands pas la réalité. Et ce monde  archi faux qui est complètement archi faux pour être archi vrai. Je peux dire que là ou je me sens le mieux, c’est sur une scène de théâtre.


Un souvenir merveilleux de votre vie d’artiste ?

Jacques Weber : Ah… il y en a tellement ! Ce fut souvent  tellement merveilleux ! La grande générale de Cyrano de Bergerac est un moment inoubliable pour moi… J’étais en pleine forme. Sur un rêve d’enfant, j’ai vécu un triomphe comme il en existe rarement. Pour la “dernière” de Cyrano, mes amis m’avait réservé une surprise.  Personne ne m’avait envoyé de fleurs, ni de télégrammes… Chacun s’était donné le mot pour faire du salut quelque chose d’inouï ! Je me suis retrouvé seul sur scène et je ne sais pas comment ca c’est passé, tout le monde est revenu avec des bouquets de fleurs. Ca a duré près d’une heure (…) c’était complètement fou. A la fin, j’étais épuisé et n’avais plus de voix. Mais c’était beau, un grand moment d’émotion.

 

Racontez nous quelques  grands bonheurs de rencontres  ?

Jacques Weber : Un de mes grands bonheur de rencontre a été de mettre en scène Isabelle Adjani ; jouer avec Gérard Depardieu, Simone Signoret ; être mis en scène par Jeanne Moreau. Voir tourner Mastroianni, Annie Girardot avec qui j’étais très ami à une  époque, sans oublier le copinage de conservatoire avec des monstres sacré comme Villeret, Balmer,  Nathalie Baye…

 

C’est quoi pour vous le bonheur ?

Jacques Weber : Le bonheur n’est qu’une promesse… C’est cette sensation radieuse ou irradiée qui vous intègre totalement au présent dans le lieu que vous traversez avec la personne avec laquelle vous êtes…

 

Quel message pouvez-vous transmettre aux aidants ?

Jacques Weber : Il faut savoir “rassembler” ses forces intérieures…

Je dirai qu’il est important de tourner coûte que coûte le mal en bien. La plus belle chose du monde, c’est d’être en vie. Il faut combattre, toujours combattre !…

 

Interview réalisée par Michèle Clary

Copyright© Lemondedesaidants.com | Réalisation 3wcom | Petites annonces gratuites